Témoignage final de Sam

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Cette expérience à été positive à 100% !

Bonjour, je m’appelle Sam, et voici mon témoignage de fin d’expérience à Ludosens.

Au mois de février 2021, alors que j’étais en deuxième année de DUT mesures physiques à Strasbourg, je traversais une dépression sévère. Je savais déjà que j’étais hypersensible, et ça me pesait beaucoup, car j’étais dans un environnement très bruyant et qui ne me correspondait pas en termes de valeurs. Après l’obtention de mon diplôme, je ne me voyais pas faire comme mes camarades et aller dans une école d’ingénieur. J’ai alors décidé de faire un service civique, pour prendre le temps de faire une pause, réfléchir à mon avenir, être utile, et surtout me soigner, fuir ces études qui ont causé ma dépression. 

C’est en faisant des recherches sur la plateforme des services civiques que je suis tombé sur un des parcours proposé par Ludosens. Je me suis dit qu’une mission réservée aux personnes neuroatypiques correspondait parfaitement à ce que je recherchais ! Ça me permettait de bénéficier d’un accompagnement, de me découvrir plus, de travailler en équipe et d’avoir un environnement et des horaires adaptés à mes spécificités ! Alors je me suis lancé, j’ai postulé, et j’ai déménagé de Strasbourg à Bordeaux pour pouvoir vivre ce service civique. J’appréhendais quand même de tout quitter et de partir dans une région où je ne connaissais personne, mais le besoin de changement a été plus fort que tout.

Ce que j’ai vécu durant ces neuf mois a dépassé toutes mes attentes ! Plus besoin de m’épuiser à la tâche, j’ai eu du temps libre et j’ai pu démarrer un suivi avec une psychologue et un psychiatre. J’ai découvert qu’en plus de mon hypersensibilité, j’avais un haut potentiel intellectuel, ainsi qu’une maladie psychiatrique : la bipolarité. Je n’avais jamais imaginé en découvrir autant sur moi-même ! J’ai traversé des moments difficiles mais j’ai commencé un traitement, et je suis suivi par des professionnels, ce qui est une immense victoire par rapport à ma situation d’il y a un an.

Ludosens étant basé dans un tiers-lieu, la Zone à Partager, j’ai pu y faire des rencontres, et être parrainé par Gaëtan, le facilitateur du tiers-lieu. De fil en aiguille, j’ai rencontré de plus en plus de personnes, tout en restant dans des milieux très bienveillants où j’ai pu me sentir en sécurité émotionnelle. C’est ainsi que j’ai rejoint des mouvements militants pour l’écologie, ce qui m’a permis de me sentir en accord avec mes valeurs, de me faire des amis à Bordeaux, et de m’attacher à cette ville ! Là encore, je n’avais pas imaginé faire autant de choses en dehors du service civique, et je ne pensais pas que j’allais vouloir rester à Bordeaux à la fin de ma mission. Pourtant, j’ai vécu des moments très forts ici et je ne cesse de m’émerveiller de tout ce qui m’est arrivé durant mon parcours ! Du coup, je prévois de rester là !

A Ludosens également, j’ai fait des rencontres qui m’ont changé pour toujours. C’est en échangeant avec les autres que j’en ai appris plus sur moi-même, sur les autres, sur la communication non-violente, sur la médiation de conflit, … J’ai appris à identifier et exprimer mes besoins, ce qui m’a permis aussi de mieux comprendre et gérer mes émotions. Encore une fois, j’ai pu me rapprocher de mes valeurs et progresser personnellement

J’ai travaillé dans la promotion numérique, sur un projet de création d’outils d’éducation émotionnelle. J’ai appris à utiliser une imprimante 3D et une découpeuse laser au FabLab. J’ai fait énormément de modélisation et j’ai beaucoup aimé ça. Au final, nous avons créé un outil de météo des émotions et un jeu de société, dont je suis plutôt fier.

Raphaël, Bastien et moi présentons notre outil de météo des émotions

Avec l’équipe numérique, nous avons rencontré beaucoup de difficultés lors de notre parcours. Il y a eu des moments où nous étions bloqués dans notre projet, et des moments où nous n’arrivions pas à communiquer. Il nous a fallu demander de l’aide à quelqu’un qui s’y connaissait en jeux de société pour pouvoir créer le nôtre. Nous avons aussi dû faire des bilans d’équipe, des médiations, et demander l’aide de facilitateurices pour mieux communiquer entre nous. Ça m’a permis de lâcher prise par rapport à mon rôle de leader dans l’équipe. Je m’étais mis la pression, je me sentais seul face à toutes les choses à faire, et j’avais du mal à répartir les tâches en fonction des compétences de mes collègues. Là encore, j’ai beaucoup progressé et je suis fier d’avoir traversé ces difficultés.

J’ai aussi été ambassadeur de la neurodiversité, j’ai participé à des sensibilisations, animé des quizz sur les neuroatypies et témoigné de mon parcours. C’est l’aspect de ma mission qui m’a le plus plu. Il y a bien sûr eu des moments plus difficiles avec les ambassadeurs, des moments où j’étais épuisé, anxieux et où c’était dur d’être devant des personnes et de parler de moi. Je me suis souvent senti perdu dans mon témoignage, au milieu de toutes les recherches et découvertes que j’ai faites sur moi cette année. D’autant plus que beaucoup de mes particularités et difficultés peuvent s’expliquer par ma bipolarité plus que par mes neuroatypies. Mais d’être ambassadeur m’a aussi aidé à y voir plus clair, parce que c’était nécessaire pour (re)construire mon témoignage, et parce que ça a donné du sens à mon parcours : c’est grâce à tout ce que j’ai vécu que je peux aujourd’hui sensibiliser et être utile. Nous avons reçu après certaines sensibilisations beaucoup de reconnaissance, de personnes qui avaient besoin que leur entourage soit plus sensibilisé, ou de personnes simplement contentes d’en apprendre plus. Cela a été un moteur pour continuer ma mission même dans les moments difficiles.

Kay et moi en sensibilisation

En conclusion, cette expérience à été positive à 100% ! Avec le recul, les éléments qui m’ont mis en difficulté ont été ceux qui m’ont le plus apporté par la suite, ceux qui m’ont le plus fait progresser. J’ai appris énormément de choses et cela a été très enrichissant de rencontrer des profils très variés de personnes neuroatypiques à Ludosens. Je partirai de l’association le cœur lourd de devoir quitter mes collègues, mais avec la fierté de tout ce que nous avons accompli ensemble, de toute notre évolution qui a été très importante et belle !

Sam

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