Historique du Tiers-Lieu de Bègles

tiers-lieu begles

Le Tiers-Lieu de Bègles, situé sur la place du 14-Juillet possède en effet sa propre histoire !

Origines:

Tout commence le 16 novembre 1862, quand le conseil municipal décide d’acheter l’immeuble Durcy, du nom du conseiller municipal Pierre Durcy, loué auparavant par la commune et ses dépendances, pour un montant de 18.000 francs, déjà situé place du XIV juillet.

L’objectif était de faire construire une mairie «digne de ses habitants» selon les mots de la délibération du 19 mars 1863. Quand les travaux se font, le conseil se réunit dans la maison d’un adjoint, monsieur Maury et une maison voisine de la future mairie, celle de monsieur Eymeri, qui est louée pour les bureaux provisoires. La construction de la Mairie est confiée à monsieur Brun, un architecte bordelais, pour un montant des travaux de 14.000 francs. 

En 1865 le conseil et l’administration communale s’installent dans leurs nouveaux locaux et le bâtiment devient officiellement la Mairie, où à l’époque se tenait devant la place, la Marianne (le symbole de la République) sur une colonne, ainsi qu’une cour intérieure et un grillage autour.

La Mairie (1865-1927)

Au début du XXe siècle, le bâtiment était multifonction.

Principalement l’ancienne mairie.

Il y avait notamment le ministre du Commerce de l’époque, Fernand Dubief qui y avait fait une intervention pour le 14-Juillet, en 1905.

Mais il abritait aussi le commissariat de la police municipale, la Poste, un télégraphe et une prison.

Pour l’anecdote en 1913, un mari est venu délivrer sa femme de prison, ce qui montrait la fragilité de la prison.

Le Trésor Public (1927-2014) :

Par la suite en 1927, c’est devenu le Trésor Public municipal où il y avait différents postes de l’administration:

Comme le Trésorier-payeur général, qui n’existe plus depuis 2008 (qui a fusionné avec la Direction générale des Impôts pour devenir la Direction générale des Finances Publiques, qui était à la fois trésorier, comptable, contrôleur, conseiller économique et financier; en quelque sorte le « banquier local » de l’État et des collectivités locales), il y avait aussi le receveur municipal (qui est le conseiller financier auprès du maire), l’Inspecteur des Contributions directes ou encore la Perception (gérée par le receveur municipal).

Supercoop (2016-2018)

Le concept de “Supercoop” s’inspire du Park Slope Food Coop dans le quartier Brooklyn de New-York.

Le PSFC (Park Slope Food Coop) a été créé en 1973. Le but était que ça soit un marché avec un bon rapport qualité/prix des produits.

Dans les faits, c’est plus une coopérative: on est membre par cotisation, on y travaille bénévolement et grâce à ça on peut acheter des produits bas et de qualité, tout en étant proche des producteurs.

Ce concept s’est peu à peu répandu dans le monde, notamment en France avec Otsokop à Bayonne ou encore Supercoop à Bordeaux.

En 2016, et jusqu’en 2018, le bâtiment actuel devient donc le lieu qui accueille Supercoop, prêté par la mairie, grâce à Anne Monloubou et d’autres consommateurs-acteurs.

En reprenant le concept de la coopérative new-yorkaise, le supermarché béglais va adapter localement ses actions, comme la marge de rémunération des producteurs et fabricants (17% sur le prix de vente des produits, le bénéfice étant réinvesti dans le fonctionnement du supermarché), une participation de chaque membre au magasin (au moins 3 heures toutes les 4 semaines).

Tiers-Lieu (2016-Aujourd’hui)

Aujourd’hui, le Tiers-Lieu de Bègles, par son concept générique, garde cette trace d’esprit social, solidaire et accueille plus d’une vingtaine d’auto-entrepreneurs, co-workers et associations dont Ludosens.

Qu’est-ce qu’un Tiers-Lieu ? Ce concept a été théorisé par le sociologue et urbaniste américain Ray Oldenburg (toujours vivant), dans son livre “The Great Good Place”.

En anglais, le concept est traduisible par “The Third Place” (compris par “troisième lieu” et non “troisième place”).

Postulant que dans les banlieues modernes, le temps est principalement passé dans des lieux isolés premier (domicile) et deuxième (travail), le Tiers-Lieu est cet équilibre entre les deux.

Premier dans le sens où la maison est le lieu le plus important de l’individu.

Et deuxième dans le sens où le travail est le deuxième lieu le plus important de l’individu.

Concrètement, c’est un espace public neutre qui accueille “les rassemblements réguliers, volontaires, informels et bien attendus d’individus au-delà des domaines de la maison et du travail”.

Tout en étant neutre, il engage socialement l’individu.

Oldenburg s’inspire du mouvement architectural de l’École de Chicago, ayant une approche de la ville comme un “laboratoire social”.

En tant que tel, le bâtiment qui accueillait l’ancienne Mairie, devient en même temps que le Supercoop, un Tiers-Lieu.

Après le déménagement du supermarché, le Tiers-Lieu décide en 2019 de se nommer “ZAP”, Zone à Partager, et perdure depuis.

Ceux qui sont à l’initiative du projet, ont eu l’idée de ce nom, après un brainstorming, un nom qui marquait une volonté de faire évoluer le projet, représentatif de l’esprit de ses occupants.

Il en est l’un des premiers Tiers-Lieu de la ville de Bègles, qui totalise 6 bâtiments identiques, avec chacun leur spécificité (soit en restant fidèles à la philosophie d’Oldenburg, soit de casser un peu en étant un peu plus privé).

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