Aller au contenu

Une silouhette

Comment nommer l’inconnu ? Comment s’approprier cette masse infime, dur flux qui nous file
entre les doigts, étrange paradoxe qu’est notre raison de vivre ? Quel est le soi ?
Mes parents ont nommé le mien Chloé, du roman L’écume des jours. Des nénuphars dans les
poumons, étrange phénomène qui se rapprocherait presque des fleurs de pensées qui éclosent
dans ma tête, leurs imaginatifs pétales se cognant à mes neurones.
Je ne suis rien, juste un nom, juste une figure, juste une personne. Un mot qui se laisse bercer
dans des fictions à jouer, bateaux vers un océan d’ailleurs ailé, le seul refuge qu’il a pu trouver.
Je suis une inconnue, à moi-même tout d’abord, puis à vous. Je ne comprend pas vos parades
sociales, je me laisse absorber par vos bruits assourdissants puis referme ma bulle blanche
d’une blague.
Ce texte est aussi peu structuré que mon être, aussi peu compréhensible qu’est le monde qui
m’entoure à mes yeux. Contemplez ses arabesques prétentieuses, ses manières pour tout ou
rien, ses images qu’ils procurent aux sens aiguisés, tranchantes jusqu’au sang et douces
comme des plumes.
Je suis autiste, et je vous ai invité dans mon antre. M’inviteriez-vous dans le vôtre ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Aller au contenu principal