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Optimisation mémoire à travers le jeu

Psychologue, Isabelle Veinhard, fondatrice de l'association Optimisation Mémoire à Bordeaux

Ludosens : Pouvez-vous nous expliquer votre parcours ?

Isabelle Veinhard : Psychologue de formation, j’ai eu la chance de travailler dans de multiples structures avec différents publics (dans la formation professionnelle avec l’accompagnement d’adultes, au sein de l’éducation nationale avec des collégiens, lycéens et étudiants dans le cadre de la lutte contre le décrochage scolaire etc.) pour lesquels j’ai développé des outils pédagogiques facilitant les apprentissages (et dont je continue de me servir aujourd’hui dans mes ateliers mémoire).

Puis en 2014, j’ai passé un Diplôme d’Université psycho-gérontologie et ai réalisé un mémoire de recherche sur la mémoire, ce qui a confirmé mon envie de développer mon activité dans ce domaine.

De plus, ayant toujours été très investie dans le milieu associatif (j’ai été entre autres, bénévole 2 ans auprès de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer…), j’ai rapidement pensé à créer ma propre association (en parallèle de ma reprise d’études).

Aujourd’hui, l’objectif d’Optimisation Mémoire est de créer et conserver un lien social pour vaincre l’isolement des personnes, qu’il s’agisse de retraités, d’adultes ou de jeunes en rupture scolaire ou sociale, en utilisant la mémoire comme prétexte.

Ludosens : Comment animez-vous vos ateliers mémoire, quelle solutions ludiques proposez-vous ?

Isabelle Veinhard : J’anime deux types d’ateliers dans les maisons de quartier, dans les centres de cure thermale et dans mon local sur Bordeaux.

Des ateliers collectifs avec 8 - 10 personnes autour de tests simples qui permettent une prise de conscience et une adaptation des exercices donnant lieu à des moments de parole et d’échanges de pratiques. Tout se fait sans jugement ni compétitivité pour que chacun évolue sereinement et à son rythme.

Des ateliers individuels avec une progression pédagogique pour que les gens découvrent comment ils fonctionnent, comment ils peuvent développer et entretenir leur mémoire.

On travaille donc sur la métamémoire (un nouveau concept du Canada), c’est à dire la perception que l’on a de sa propre mémoire. Avoir conscience de cela permet de plus facilement mémoriser et d’acquérir davantage de confiance en soi.

J’ai recours à des jeux de rôle, des mises en situation mais j’utilise également des outils sous forme de questionnaires, d’exercices papier-crayon… pour par exemple permettre de définir son profil d’apprentissage en évaluant le niveau scolaire et celui de maturité afin de proposer ensuite une méthode selon le fonctionnement cognitif/intellectuel de la personne. Mais ce peut être aussi pour travailler son projet professionnel. Sachant que les outils évoluent en fonction du public et de la demande.

Ludosens : Parlez-nous plus en détail des jeux utilisés...

Isabelle Veinhard : En groupe, on utilise aussi des jeux existants tels que Syllabus - jeux de syllabes pour faire travailler la mémoire sémantique qui fonctionne comme un dictionnaire. Je m'appuie également sur des jeux Remember avec des memory de visages, des jeux de couleurs et de formes qui permettent de développer le sens du détail, de travailler la visualisation et l’association. Avec les plus jeunes (adolescents), on peut utiliser le Jungle Speed qui induit une compétitivité saine, une envie de réussir.

Quel que soit le public, le jeu permet une réelle émulation.

En fonction des supports que l’on a, on fait travailler différents types de mémoire : sensorielle, sémantique, procédurale, émotionnelle… en utilisant des outils à base de photo, de musique, d’odeurs, de peintures… Les sudokus (de chiffres ou de lettres) sont aussi de bon supports pour faire travailler la mémoire qui a besoin de logique.

Ludosens : Comment le jeu est-il accueilli par les plus jeunes ?

Isabelle Veinhard : Deux approches du jeu chez les jeunes : ceux qui adhèrent tout de suite et ceux qui ne voient pas tout ce que le jeu peut apporter en plus du divertissement.

Concernant plus spécifiquement les enfants, ceux-ci ont de plus en plus de difficulté d’attention et de concentration qui sont pourtant la base de la mémoire. On vit dans une société où l’on zappe en permanence, l’enfant ne prend plus le temps d’observer, de s’ennuyer (pourtant si propice au développement de son imagination).

La mémoire se travaille avec ces autres fonctions dites cognitives (l’attention, la concentration, le langage, le raisonnement…), elle est multifactorielle et dépend aussi des émotions, de l’environnement etc.

Les ateliers ont donc pour but de faire prendre le temps à l’enfant de se poser pour développer ses compétences, de lui donner envie, de le revaloriser, de faire découvrir des méthodes parallèles (par exemple apprendre une récitation en chantant, en jouant, créer des images mentales...).

Il est également essentiel de les aider à donner du sens à ce qu’ils apprennent car c’est la base d’une mémorisation sur la durée (pour faire passer l’information de la mémoire à court terme à la mémoire à long terme).

Le jeu est donc un des meilleurs moyens de faire travailler sa mémoire.

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