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Une méthode innovante d'apprentissage de la lecture : CLOE

Orthophoniste ayant créé la méthode CLOE : méthode d'apprentissage du langage et de la lecture basée sur une approche sensorielle - PAU

Ludosens : Pouvez-vous nous expliquer votre parcours ?

Claude Della de la Courtiade : Je suis actuellement à la retraite, j’ai effectué ma carrière à Pau et j’ai créé et développé la méthode CLOE qui s’appuie sur les 5 sens pour permettre aux enfants différents, notamment en situation de handicap, d’acquérir le langage dans un premier temps puis la lecture.

J’ai fait don de tous mes outils et travaux à une association de parents d’enfants porteurs de trisomie qui procède à des recherches notamment avec les pays anglo-saxons. Mes outils étant épuisés, ils cherchent des aides pour financer la production d’autres éditions notamment un imagier qui illustre les mots dans tous leurs sens, très important dans le développement des enfants « différents ».

Cette association s’appelle AKRO Paul.

Actuellement je collabore à la construction d’un imagier multi-sens. En effet la langue française est riche de synonymes. Par exemple, le mot « côte » revêt des sens différents.

J’ai également écrit un livre appelé « élever un enfant handicapé »

Ludosens : A qui s’adresse cette méthode CLOE ?

Claude Della de la Courtiade : La méthode CLOE est une méthode qui permet de visualiser le langage. J’ai inventé et édité la méthode CLOE pour aider tous les enfants porteurs de handicaps, de la trisomie à la dyslexie.

Mais elle a également été testée dans des écoles maternelles avec des enseignantes volontaires et coopératives. Les résultats ont été très encourageants. Cette méthode s’adresse donc à tous.

Ludosens : Racontez-nous les origines de la méthode CLOE ?

Claude Della de la Courtiade : En tant qu’orthophoniste, j’ai toujours refusé la fatalité et souhaité profondément aider les enfants à besoins particuliers. Je n’ai jamais voulu m’arrêter au diagnostic et estimer à l’avance ce dont l’enfant serait capable ou non. Je crois profondément à la plasticité cérébrale du cerveau.

D’après moi, il manquait une dimension visuelle, auditive et kinesthésique.

Toutes mes recherches montraient que l’acquisition du langage était étroitement corrélée à la motricité. L’émission vocale du tout petit est toujours précédée de manifestations motrices qui annoncent le son.

L’enfant différent doit être aidé dans l’émission de vocalises phonétiquement stables. C’est ce que je me suis employée à faire pendant ma pratique en cabinet. En apportant à l’enfant une aide motrice qui apporte la production de son, il va plus rapidement développer son langage.

Mon but a été de mettre le plus tôt possible en place un travail coordonné œil/main/bouche/oreille. Chaque zone stimulée aidant les autres zones selon le canal préférentiel de l’enfant.

Par la suite, j’ai voulu aller plus loin dans mes recherches et j’ai rajouté un support visuel. J’ai créé un logo noir sur support transparent évoquant le geste nécessaire et contenant la lettre émise (exemple : la consomme t avec le dessin tambour et le geste taper). Le nom du dessin tambour contient le t, le dessin évoque le geste à effectuer, et contient l’écriture de la lettre t, qui va se détacher ensuite pour conduire à la lecture.

D’après mes observations, j’ai constaté qu’il était nécessaire de créer un lien entre l’oral et l’écrit et que c’était très important dès tout petit. Je suis donc passée par l’écrit pour que les enfants apprennent à parler. Ma certitude de travailler nos acquis sur la base des 5 sens guidait également mes travaux.

J’ai voulu trouvé un moyen de visualiser la syllabe en la manipulant. En plus de mes logos correspondant aux consonnes sur support plastique transparent, j’ai fabriqué des carrés de couleur associés aux voyelles pour construire et déconstruire la syllabe aisément.

Ludosens : Ce dont vous parlez évoque fortement la méthode Montessori et son approche sensorielle des apprentissages ? Nous pensons notamment aux lettres mobiles Montessori ?

Claude Della de la Courtiade : Oui mais je suis allée plus loin, je voulais que mes principes de base soit respecté. J’ai fait en sorte que la couleur contienne le son que je voulais enseigner aux enfants.

Ainsi un carton rouge, contient le son « ou » et sur l’une de ses faces, j’inscrivais le son ou, ainsi qu’un ruban rouge relié au carton.

Ainsi j’ai utilisé le « e » pour bleu.

Le « i » pour gris.

Le « o » pour orange.

Le « é » pour doré.

Le « ou » pour rouge etc.

Ainsi chaque voyelle a trouvé sa couleur, contenant le son étudié : il suffisait d’associer le logo transparent et la couleur adaptée à la voyelle pour fabriquer la syllabe puis tous les mots que je désirais.

Ludosens : Parlez-nous pour finir de ce projet d’imagier ? Et où trouvez-vous vos outils ?

Claude Della de la Courtiade : Pour l’imagier, j’ai recherché tous les mots unisyllabiques ayant un sens (pain par exemple), et s’il y avait plusieurs sens, je montrais à l’enfant les illustrations correspondantes. Il est essentiel que l’enfant ait conscience très tôt de cette polysémie, elle structure le développement de l’intelligence.

Un DVD des sons a été créé pour les maternelles avec un imagier. Un cahier de découverte des sons avec des comptines adaptées et petites marionnettes des sons, ainsi qu’une grande affiche illustrant les sons.

Je peux témoigner de résultats formidables chez les enfants porteurs de handicap, d’un apprentissage du langage et de la lecture en harmonie total de l’oral à l’écrit.

Aujourd’hui mes outils sont épuisés, l’association AKROPAUL essaie de les rééditer.

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