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L'association les mains pour le dire : langage signée

Ludosens : Quel est votre parcours de mère ?

Les mains pour le dire : Je m’appelle Martine et je suis mère de deux garçons. Le deuxième ne pouvait pas parler et la frustration liée à l’incapacité de communiquer avec son entourage le rendait agressif. Pour l'aider, j'ai essayé de lui parler avec des signes. Évidemment au début, c'était du français signé et non la langue des signes mais comme je ne savais pas s’il allait pouvoir parler, j'ai appris la langue des signes.

Au départ, tout le monde était contre cette démarche. Les médecins me disaient que s’il utilisait la langue des signes, il ne parlerait pas. Et ils pensaient aussi que s’il ne parlait pas, c'était parce qu'il était déficient, le langage étant lié au développement de l'enfant. Je voyais bien cependant qu'il comprenait tout et qu'il était intelligent.

Petit à petit, en persévérant et à force de travail, il s'est approprié la langue des signes et a pu enfin exprimer ce qu'il voulait. L'agressivité a disparu. J'ai donc continué dans cette voix et j'ai par la suite entamer un gros travail avec une éducatrice et une AVS.
Pendant la maternelle, nous avons beaucoup travaillé avec le Makaton et son langage codé en pictogrammes mais ce dernier s'est trouvé rapidement limité. Nous sommes ensuite passés à la LSF pour avoir un vocabulaire plus riche.

Il a fallu attendre ses 6 ans et demi pour qu'il se fasse opérer. Comme les stades de développement de l'enfant passent par le langage, cette initiative lui a permis de ne pas prendre de retard.

Il est resté en milieu ordinaire et vient d’intégrer une ULIS pour les troubles spécifiques du langage. Il lit maintenant très bien et parle normalement.

Ludosens : Pourquoi avoir créé l’association les mains pour le dire et quel a été le déclic ?

Les mains pour le dire : En apprenant la LSF, j'ai commencé à intervenir bénévolement dans l'école de Raphaël pour montrer quelques signes à ses camarades afin qu'ils puissent communiquer ensemble. Ensuite, j'ai étendu cette initiative aux crèches, à la bibliothèque de Bacalan et au kfé des familles de façon à transmettre la LSF à tous les enfants qui ont des difficultés de langage.

Portée par le bon déroulement de ces ateliers, j'ai commencé à structurer ces interventions à l'aide d'outils que j'avais créés pour apprendre la LSF à Raphaël, notamment des albums jeunesse traduits en LSF, borel et écriture normale.

Nous avons aussi créé des jeux éducatifs, des nuanciers et ainsi développé divers moyens mémo-techniques pour se souvenir des signes.

L'association « les mains pour le dire » est née en 2016.

Nous nous adressons principalement à la petite enfance et nous animons des ateliers « conte et comptines », traduits en LSF, sous 3 formats :

- Format spectacle.
- Format lecture signée
- Format bases du langage pour les plus petits.

Ludosens : Où en est l’association aujourd’hui ?

Les mains pour le dire : Aujourd'hui nous effectuons aussi des TAP dans deux écoles maternelles et une école élémentaire dans lesquelles nous faisons de l'initiation à la LSF... Nous avons pu d'ores et déjà remarquer qu'avec certains enfants turbulents, la LSF avait un effet apaisant...Les personnes communiquant avec le LSF doivent se positionner de façon bien visible pour les autres et toute l'attention est centrée sur elles. C’est pourquoi, les enfants se sentent valorisés et apprécient ce nouveau moyen de communication.

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