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Hôpital de Cadillac : le jeu entretient et cultive l'imagination

Interview de Nathalie Cuadrado et de Annick Chillon, ergothérapeute et psychomotricienne au centre hospitalier de Cadillac

Ludosens : Pouvez-vous nous expliquer votre parcours ?

Nathalie Cuadrado : J'ai commencé en tant qu'ergothérapeute à l’APF aux APEA (appartements pour l’entrainement à l'autonomie) à Mérignac, à la MAS de la Junca de Villenave d'Ornon, à l’IME de la Forêt à Saint Médard en Jalles et à l’IEM de Cénon auprès d'enfants et jeunes adultes. Aujourd'hui, je travaille dans le Pôle long séjour de l'hôpital de Cadillac, depuis 2008. J'ai des interventions ponctuelles dans d'autres services, notamment dans la CLIS maternelle de Cenon où j'ai accompagné un enfant durant 2 ans.

Annick Chillon : J’ai fait toute ma carrière à l'hôpital de Cadillac. D'abord seule en tant que psychomotricienne puis en équipe avec des ergothérapeutes. Je travaille dans cette structure depuis 39 ans.

Ludosens : Quel est votre public ? et comment utilisez-vous le jeu avec ce public ?

Nathalie Cuadrado : Ce sont des adultes vieillissants atteints d’autisme, de disharmonie évolutive, ou polyhandicapés, avec des troubles autistiques et épileptiques associés.

Pour nous le jeu est le support, le médiateur, en vue d’atteindre certains objectifs, de tirer chacun vers le haut. Les ateliers sont individuels et/ou collectifs et les séances peuvent être quotidiennes ou hebdomadaires. Chacun choisit le jeu qu’il aime, l’idée étant d’avancer toujours en restant dans l’agréable. Nous sommes dans le vécu corporel, la réassurance, la relation au monde des objets, des personnes.

Annick Chillon : En tant que psychomotricienne, je n’'utilise pas le jeu en permanence puisque je propose des ateliers d'expression thérapeutiques (argile, peinture…). J'utilise plutôt le jeu dans des situations duelles, des petits groupes de deux, pour être en contact, échanger, jouer, rire. Pour le choix des jeux, j'ai toujours des objectifs en tête, lors de refus, on s'adapte en fonction des préférences du participant et de ce qu'on voudrait essayer de lui faire travailler.

Nath : On est dans une hyper adaptation permanente. La notion de temps est également importante, il faut parfois laisser plusieurs années avant qu'une personne accepte de toucher les objets, de les cacher et de les faire réapparaître… Ce fut le cas d'un monsieur pour lequel il a fallu 8 ans. Il faut être patient, accepter d'attendre pour qu'un jour ça marche (ou pas).

Annick Chillon : Avec les jeux, on est constamment dans la recherche, on ne sait pas ce qu'il va en ressortir, ça change à chaque fois. On travaille beaucoup la répétition qui amène au confort, à une réassurance, à une confiance en soi.

Ludosens : Quel rôle le jeu a dans le développement des individus ?

Nathalie Cuadrado : Le jeu entretient et cultive l'imagination, le champ des possibles. Il fait « grandir », c'est un très bon support d'apprentissage ludique, également pour les activités de la vie quotidienne (apprendre à s’habiller, à manger….), on fait semblant et en même temps, on est dans la réalité. On apprend à gagner à perdre, à laisser de la place à l'autre, ce qui amène à la socialisation.

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